Dis Mademoiselle Grenade, qui est Cameron Russell ?

Ancien modèle de Victoria's Secrets, Cameron Russell aime défier les codes de son industrie et défier les stéréotypes du mannequinat avec ses opinions franches. Ce top model originaire du Massachusetts est célèbre pour avoir prononcé, en 2012, l'une des conférences TED les plus regardées de tous les temps : "Looks aren’t everything. Believe me, I’m a model" en 2012. Titulaire d’un diplôme en économie et en science politique de Columbia, Cameron a toujours voulu être présidente des États-Unis. Et si elle pense, à juste titre, être devenue mannequin en gagnant à la "loterie génétique", elle n’en demeure pas moins une femme brillante. Si elle savoure sa vie de Top model, elle jette cependant un regard à la fois critique et ironique sur l’industrie qui l’a fait paraître très séduisante alors qu’elle était à peine âgée de seize ans. Mademoiselle Grenade vous en dit plus sur Cameron Russel.

Une enfance et une scolarité loin des strass et des paillettes

Cameron Russell est née le 14 juin 1987 à Cambridge, dans le Massachusetts. Sa mère est la co-fondatrice de la société américaine Zipcar, filiale d’Avis. Le père de Cameron est, à l’époque, à la fois ingénieur et PDG de GoLoco, une entreprise de co-voiturage et de réseautage social aujourd'hui disparue.  Si aujourd’hui, Cameron nous semble être l’image même de la féminité et du glamour, son enfance et son éducation ne la prédestinait pas à cela. En effet, le noyau familial n’était pas du tout intéressé par l’esprit superficiel de la mode, de la féminité, etc. La mère de Russell ne se rasait pas les jambes, ne se maquillait pas et ne prêtait aucune attention à son style personnel, à celui des ses proches, ni même à celui de sa fille. "J'ai grandi en pensant que cela n'avait pas d'importance du tout", explique Cameron Russell.  Au collège, Russell était insensible au maquillage ou aux vêtements. "J'ai été victime d'intimidation", dit-elle. "Je n’étais pas la fille cool, on me donnait littéralement des coups de pieds." Très tôt, elle montre un intérêt précoce pour la politique. Elle n’a que dix ans lorsqu’elle parvient à rencontrer Bill Clinton venu faire un discours au MIT (Massachusetts Institut of Technology). L’ancien président des États-Unis lui conseille alors de poursuivre ses études, de rencontrer le plus de personnes possible et de comprendre leurs rêves et aspirations.  Au lieu de la culture pop, Cameron Russell cultivait d'autres intérêts, comme devenir présidente des États-Unis. "J'étais juste obsédée par la politique", dit-elle. "Je suppose que ma mère m’a aidé… quand je lui ai posé des questions  comme "Pourquoi y a-t-il des sans-abri ?", elle répondait  "Ronald Reagan"".  À l'école primaire, Russell s'est portée volontaire comme stagiaire pour des campagnes politiques locales. "J'étais toujours prête pour un débat", se souvient-elle. Diplômée de l'école du Commonwealth en 2005, elle fréquente brièvement le Wellesley College à Wellesley, Massachusetts, avant de poursuivre ses études à l'Université Columbia. Elle se spécialise alors en économie et en science politique. Travailleuse acharnée et pugnace, elle est diplômée de l'Université Columbia avec les honneurs en 2013.

Une belle carrière de mannequin 

En 2003, elle est repérée alors qu’elle passe des vacances dans le Maine. Un an plus tard, elle signe un contrat avec l’agence Ford Models et faits ses débuts pour Prada et Fendi à Milan. Comme elle poursuit ses études, elle ne travaille alors pour l’industrie de la mode qu’à temps partiel. Cependant, ses prestations à Milan lui permettent de faire un un bon vertigineux dans l’industrie de la mode. Dès 2004, après une apparition dans Teen Vogue, les revues de mode se l’arrachent et elle paraît dans une liste interminable de magazines de la presse spécialisée.   L’année 2005 lui offre plusieurs collaborations avec Oscar de la Renta, CK Jeans et Yves Saint-Laurent. En 2006, elle quitte Ford Models et signe avec DNA Managment. Être le visage de la cosmétique Giorgio Armani attire encore plus d'attention sur elle, c'est ainsi qu'elle apparaît dans les campagnes publicitaires H&M, Lacoste, Armani Jeans et Salvatore Ferragamo.  L'année suivante n'est pas très productive pour Cameron Russell qui souhaite marquer une pause. Elle fait son retour pour les spectacles Oscar de la Renta et Ralph Lauren à New York et devient le nouveau visage de John Frieda.  En 2008, elle quitte DNA Management à New York et signe avec Women Management.  En 2009, elle collabore avec Steven Meisel, Patrick Demarchelier et Terry Richardson qui la photographient pour différents magazines.  En 2010, elle défile pour Kenzo, Chalayan, Isabel Marant et Balmain lors de la Fashion Week de Paris. Cette même année elle devient l’une des nombreuses égéries de la marque de lingerie Victoria’s Secret aux côtés d’Adriana Lima, de Doutzen Kroes et d’Heidi Klum.    Cameron Russell pour Vogue Espagne   Depuis qu'elle a débuté sa carrière de mannequin à l'âge de 16 ans, Russell a travaillé avec de nombreux photographes à succès, notamment Steven Meisel, Craig McDean et Nick Knight, pour des magazines américains, français, italiens, espagnols, allemands et japonais.  Elle a participé à des campagnes de publicité pour des entreprises telles que Ann Taylor, Benetton, Louis Vuitton, Calvin Klein, Armani, Oscar de la Renta et Yves Saint-Laurent. Cameron Russell a également défilé pour des marques, stylistes et maisons de couture aussi variés que Chanel, Prada, Dolce & Gabbana, Marc Jacobs, Versace, Vivienne Westwood, Ralph Lauren et Diane von Fürstenberg.

Cameron Russell : mannequin et activiste 

Il y a quelques années, Cameron prononce un discours pour TED intitulé : « L’apparence ne fait pas tout, croyez-moi, je suis un mannequin ». Dans son allocution, elle jette un regard ironique sur l'industrie qui l'a fait paraître très séduisante, pour ne pas dire sexy alors qu’elle était à peine âgée de 16 ans. Elle observe que l'apparence, façonnée par la génétique et Photoshop, contribue à donner une vision artificielle et superficielle, pour ne pas dire dommageable, des femmes. La vidéo de son discours figure parmi les vidéos les plus visionnées de TEDtalk. Plus de 9 millions de personnes ont pu entendre les propos de Cameron. Des propos qui ont stimulés une réflexion sur l’image corporelle, la beauté, ainsi que l’apparence, la perception sociale et l’image des femmes.   
 

#MeToo, #MyJobShouldNotIncludeAbuse

Cameron a toujours utilisé sa renommée pour défendre des sujets et des causes qui la passionnent. Cinq années après son intervention, elle continue de lutter pour que les modèles bénéficient de conditions de travail plus équitables et moins exploitantes.   Suite au scandale de l’affaire Harvey Weinstein et de l’omniprésence du harcèlement sexuel sur le marché du travail, Cameron utilise de nouveau son statut pour attirer l’attention sur ce sujet. Elle lance la campagne #MyJobShouldNotIncludeAbuse (Mon travail ne devrait pas inclure les abus) sur les médias sociaux. Elle invite les modèles à partager, par le biais de ce hashtag, leurs mauvaises expériences dans le monde du mannequinat. Les réponses reçues sont particulièrement révélatrices.  Abus, pressions physiques et psychologiques, questions déplacées de la part des photographes… Comment et pourquoi cela arrive-t-il ? Le harcèlement est souvent normalisé dans l’espace de travail, permettant aux prédateurs de conserver leurs comportements inappropriés, sans être inquiétés et punis.  Cameron Russel dresse alors la liste des expériences auxquelles elle a été confrontée. Des baisers non désirés, des fessées, des attouchements, des pressions exercées sur des mineurs pour les forcer à boire de l’alcool… Elle se souvient des intimidations de la part des éditeurs, des photographes, des stylistes ou des clients demandant à ce que les modèles soient seins nus ou même complètement nues. Courriels, messages et appels inappropriés font également partis de l’envers du décor. Les pressions et propositions douteuses ne manquent pas : être obligée de dormir chez un photographe plutôt qu’à l’hôtel, subir un chantage à l’emploi et être menacée de ne plus défiler si on ne répond pas positivement. Subir des insultes, des calomnies … Être traitée de féministe lorsqu’on ne se plis pas aux exigences de la gent masculine, de diva, de vierge effarouchée… La liste est longue selon Cameron Russell.  Le harcèlement sexuel est une banalité inacceptable. Aucun travail ne devrait inclure  ce genre d’abus. Souligner les actes d’harcèlement, tels que ceux partagés par Cameron Russell, est un bon début. Cela nous aide tous à comprendre les effets dévastateurs de ces actions qui sont excusées de façon trop régulière. Fixer des limites fermes et permettre aux autres personnes harcelées ou agressées de comprendre qu'elles ne sont pas seules est un pas en avant pour l'arrêter à l'avenir. C'est un pas vers une culture qui ne tolèrera plus ces actions. Cameron Russell est une ardente avocate des droits des mannequins. Comme Kate Upton, et des dizaines d’autres mannequins, elle dénonce les abus liés à l’industrie de la mode avec beaucoup de ferveur.  "Quand nous parlons de l’origine de #MeToo, nous ne parlons pas d’une personne ayant mal agit. Ce n’est pas comme si nous avions besoin d’un changement de politique ou que nous souhaitions voir un photographe partir. Nous devons changer la culture liée à cette industrie et stopper définitivement les agissements négatifs de certaines personnes." EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer


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